Chroniques sur des expositions à Paris

Les chroniques ci-dessous sont des partages ponctuels autour d’expositions que j’ai eu l’occasion de voir à Paris.

Elles ont été diffusées dans leur plus grande partie sur la chaîne Radio Roue Libre de l’association des paralysés de France (APF) à travers la plateforme Twitch, un mercredi par mois dans le cadre d’une émission culturelle  « Accès libre ».

Mon souhait est dans ce cadre, de contribuer à la diffusion de la culture artistique, en essayant à ma manière de la rendre un peu plus accessible. Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, donner envie à ceux qui peuvent y aller, et sensibiliser à la culture de manière générale. De la culture plus largement, car découvrir une œuvre d’art, c’est découvrir une histoire, un contexte historique, social, artistique, un(e) artiste, une subjectivité, un lieu, des expériences, une technique, de la matière, des couleurs, des expressions, des choix et surement bien d’autres choses, la liste doit être très longue… 🙂

La webographie se trouve en fin de page.

"Face au Soleil - un astre dans les arts."

Affiche de l'exposition Face au soleil un astre dans les arts

Chers internautes, nous partons nous réchauffer le cœur et le corps, prendre un bain de lumière (en hiver il paraît que ça fait du bien) au musée Marmottan Monet, avec l’exposition « Face au soleil – un astre dans les arts».

Lien:https://www.marmottan.fr/expositions/face-au-soleil/

Dates : Jusqu’au 29 janvier 2023.

C’est à travers le regard de célèbres artistes comme Albrecht Dürer, Monet, Rubens, Turner, Derain, Sonia Delaunay (une des rares artistes femmes représentées d’ailleurs), Calder, Miro et d’autres, que vous voyagerez dans ce parcours thématique autour du soleil et ses 150 œuvres qui y sont présentées.
Et petite précision, ce qui est intéressant dans l’exposition, en plus de voir des chefs-d’œuvre, c’est que l’on peut suivre l’évolution des connaissances des phénomènes astronomiques et météorologiques et donc les évolutions de la conception du monde, qui influence bien sûr les artistes et leur manière de représenter le monde.

Dans cette exposition j’ai trouvé qu’il y avait des expériences visuelles exquises sous forme de voyages dans la nature.

Je pense par exemple dans la première salle au « Paysage à l’oiseleur » du peintre Rubens, une huile sur bois peinte vers 1635. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/joconde/000PE008792

Il y a comme plusieurs scènes dans ce paysage et un subtil dégradé de couleur qui va de gauche à droite de la toile au niveau du ciel. La lumière vient aussi se déposer sur les ailes du moulin et sur le cours d’eau avec la barque plus bas dans la toile. Observez comme la cime des arbres est aérienne. On imagine le bruissement,  l’air du lieu et on en oublie presque les 2 personnages au premier plan.

Plus d’un siècle après, on découvre Port au soleil levant, une œuvre de l’Atelier de Claude Joseph Vernet, huile sur toile de 1760, https://www.dulwichpicturegallery.org.uk/explore-the-collection/251-300/seaport-at-sunrise-morning/.

Observez le rendu et la représentation de la qualité physique de la lumière :

– Comment la lumière du soleil se diffuse sous le voile nuageux, qui vient se refléter sur l’eau de manière hétérogène.

– Sur les 3 personnages sur la pointe du rocher.

– En bas à gauche du tableau, la lumière d’un feu où l’on retrouve un groupe de personnes autour, certainement en train de préparer à manger.

Vers 1809 l’artiste William Turner peint « Le soleil couchant à travers la vapeur ». https://barber.org.uk/joseph-mallord-william-turner-1775-1851/ . Une autre étape dans la représentation de la lumière liée à l’avancée des nouvelles connaissances sur la lumière, le soleil et ses rayons. Regardez l’aspect du ciel, et comment l’eau et le sable finissent presque par se fondre subtilement.

Vous pourrez également contempler des œuvres de Caspar David Friedrich, un peintre romantique allemand, ou la lumière prend une dimension mystique comme dans Croix dans les bois, une huile sur toile réalisée vers 1812.

Vous retrouverez une autre œuvre célèbre sur ce thème et épicentre de l’exposition, c’est Impression soleil levant de Claude Monet, https://www.marmottan.fr/notice/4014/ . Peinte en 1872, cette huile sur toile représente un paysage portuaire du Havre, entre ciel et eau avec le soleil orange, tout cela dans une brume matinale et dans une vision impressionniste de cette lumière. En effet Claude Monet ne cherche pas à représenter de manière fidèle la réalité mais l’impression que lui inspire ce paysage dans ce moment. Cette œuvre issue de la collection du Musée du Marmottan est l’épicentre de cette exposition d’ailleurs.

Puis la couleur devient intense, s’éloigne de la représentation, est plus contrastée. Dans l’œuvre Big Ben de André Derain, la célèbre tour horloge de Londres  apparait avec un soleil éclatant jusqu’à son reflet dans l’eau, le tout dans un ciel surréaliste d’un bleu intense allant jusqu’au vert d’eau, https://arthive.com/fr/andrederain/works /517567~Big_Ben .

Pour ma part, j’ai aussi rencontré le Soleil émouvant et paisible dans le soleil couchant de Gustave Courbet; irradiant dans l’œuvre de Munch, le soleil, une huile sur toile de 1910-1913. Presque lunaire dans la peinture coucher de soleil bleu de Anna Ancher. Je l’ai vu s’embraser le ciel, d’orange, dans une peinture de Félix Vallotton une huile sur toile datant de 1910. Mais aussi divin dans l’œuvre de Maurice Denis Saint François d’assise recevant les stigmates, une huile sur panneau de 1904. Peut-être vous le rencontrerez éblouissant, le soleil, dans la peinture de Albert Trachsel, appelé Soleil, datant de 1909? Je l’ai rencontré éclipsé le soleil, dans une œuvre de J. Manais avec le titre Éclipse solaire, un pastel sur papier de 1919. Et enfin totalement irradiant dans l’œuvre Golden Center de Richard Pousette-Dart, une huile sur toile de 1964 https://artvisions.fr/wp-content/uploads/2022/07/27.richard_poussette_dart_golden_center1-scaled.jpg

C’est une belle balade que ce voyage artistique autour du Soleil.

Focus sur une œuvre :

Pour finir dans cette ambiance lumineuse, aujourd’hui j’ai choisi de vous parler d’une œuvre de Paul Signac Le Port au soleil couchant, opus 236 (Saint-Tropez), une huile sur toile de 1892, que vous retrouverez dans l’exposition.

https://sammlung.museum-barberini.de/en/MB-Sig-03_paul-signac-the-port-at-sunset-opus-236-saint-tropez .

Comme vous le voyez dans cette œuvre, il est question de ciel, de terre, d’eau de mer, de voiles et d’humains. On reconnaît un port au soleil couchant avec ses bateaux, la montagne au loin, le tout baigné dans une lumière chaude. C’est le port de Saint Tropez, fin 19e, un endroit de la côte d’azur paisible et encore sauvage par endroits. Non ce n’est pas le Saint Tropez d’aujourd’hui…

Tout est tranquille mais on est emporté par l’intensité des couleurs.

Une atmosphère chaleureuse et enveloppante comme la chaleur du soleil en fin de journée se dégage de ce paysage habité principalement par des jaunes et bleus.

La côte, les voiles, les arbres et le sol au pied du peintre contrastent fortement avec le jaune orangé du ciel et de son reflet dans l’eau, ou l’on retrouve subtilement l’ombre portée des voiles du bateau au premier plan.

La peinture vibre et nous rend toutes les émotions que provoque la vision de l’ensemble baigné de lumière.

Vibrant oui c’est bien cela, vibrant. Et cela est dû notamment à la technique employée par Paul Signac. Si vous zoomez dans l’image, https://www.christies.com/en/lot/lot-6190915 , on voit nettement les coups de pinceau en points séparés où rapprochés. Les éléments représentés, comme de la mosaïque, sont fragmentés, mais l’œil et le cerveau reconstituent l’ensemble.

A ce propos, cette œuvre est considérée comme sa première œuvre pointilliste. Et le pointillisme, c’est un courant pictural dont la technique consiste en l’apposition de petits points qui sont accolés et de couleur complémentaire où contrastée.

L’œuvre de Signac a été influencé par les travaux du chimiste Michel Eugène Chevreul qui énonça la loi du contraste simultané des couleurs, https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_du_contraste_simultan%C3%A9_des_couleurs .

Héritier de l’impressionnisme, Signac aime les scènes en plein air. Il est à l’origine du mouvement pointilliste avec son ami artiste Georges Seurat.

Pour moi c’est une œuvre qui réchauffe le cœur et les yeux et on peut voyager à travers ce paysage en imaginant quelconque petit port que nous avons déjà vu ou imaginé dans nos vies respectives.

"Evidence"

Lien : https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/1v0Iy51

Dates : 20 oct. 2022 – 6 mars 2023

Rendez-vous au centre Pompidou.

Chers internautes, concernant cette exposition « Evidence » ce qu’il faut savoir : c’est une expérience immersive visuelle et sonore et donc le casque mis à disposition est bien sûr indispensable pour profiter totalement de l’immersion proposée.

Ce que vous allez voir c’est une installation résultat de la collaboration des Patti Smith, artiste pluridisciplinaire que peut-être vous connaissez déjà pour ses poèmes et sa musique, et le collectif Soundwalk Collective, dont Stéphane Crasneanscki est le fondateur et l’artiste central qui collabore pour cette œuvre avec d’autres artistes du même collectif. Cette exposition a été réalisé spécialement pour le Centre Pompidou. L’inspiration principale de cette œuvre, sont les textes de trois poètes français Antonin Artaud Arthur Rimbaud et René Daumal et leurs voyages réalisés.

Les artistes nous emmènent sur leurs pas, dans les montagnes en Éthiopie, dans la Sierra Tarahumara au Mexique, dans l’Himalaya en Inde, à travers des images, des prises de son et la voix de Patti Smith qui nous emporte.

Quand je suis arrivée dans la salle on devait être 4 au maximum et il y avait une femme déjà assise sur ce petit banc en bois très proche du sol et du coup cela m’a invité à m’asseoir, à faire comme elle, sur l’autre petit banc disponible. Ainsi je me disposait à être face à un grand mur qui projette des images figuratives où abstraites, en couleur comme en noir et blanc, et je commence mon voyage avec le son qui accompagne le rythme des images qui défilent et apparaissent sur 2 autres murs de la salle. La scénographie de la lumière nous invite à baisser la fréquence et à prendre le temps. De marcher dans cet espace ou plusieurs installations de type parfois totémique sont présentes, avec du minéral, du végétal, et un grand mur «dit d’investigations », fait de dessins, photos, objets, éléments graphiques, textes…avec notamment des dessins de cette montagne différemment représentée qui finit par nous obséder aussi au bout d’un certain moment, un texte sur l’histoire de l’enfant soleil et du poisson, et des mots qui se déroulent dans mes oreilles comment un rythme parfois proche de la transe.

Et ma circulation dans l’espace externe comme interne se déroule avec une certaine Évidence, je ne cherche pas ma place dans le lieu.

C’est un voyage sensoriel qui exprime la mystique des voyages entrepris par les trois poètes, mais aussi celui de ce duo d’artistes, qui fut physique pour Stéphane Crasneanscki, et interne (pour Patti Smith) puis ce voyage que nous faisons au moment de l’immersion, et tout cela nous renvoie enfin à nos propres pas.

Pour finir, je vous recommande fortement de lire le texte dans la salle d’entrée de l’exposition avec un dialogue entre les 2 artistes sur le mur qui est une prémice ou une sorte de dénouement à l’expérience vécue en tant que visiteur, selon que l’on choisit de lire ce dialogue avant ou après l’expérience immersive.

Parisiennes citoyennes !​

Engagements pour l'émancipation des femmes (1789-2000)​

Affiche de l'xposition musée Carnavalet Parisiennes citoyennes

Lien : https://www.carnavalet.paris.fr/expositions/parisiennes-citoyennes

Dates : 28 septembre. 2022 – 29 Janvier 2023

Vous êtes une femme, vous êtes parisienne, ou pas, alors allez voir cette exposition. Vous êtes un homme, vous avez n’importe quel âge, et vous êtes intéressé par l’histoire et les droits de vos amies, partenaires, mères, filles, etc. allez-y aussi.

Une rétrospective sur la conquête des droits des femmes et plus précisément le rôle des femmes à Paris, depuis la Révolution française.

Présentée au musée Carnavalet, un beau site historique parisien, l’exposition Parisiennes Citoyennes ! est un évènement culturel important, je trouve, car inédit, instructif, et nécessaire je crois.

Archives à découvrir, photographies, affiches, objets, films, on ne s’ennuie pas un instant; jusqu’à la fin, ou nous retrouvons la photographie de la pertinente œuvre performance de Orlan, Le baiser de l’artiste, de 1977 ou encore l’artiste Niki de Saint Phalle avec , tir première séance – deuxième séance shooting session, de 1961.

Ce fut un voyage chronologique riche, documenté, touchant, de cette histoire toujours en cours dans bien des endroits du monde, et dans certains espaces privés de l’hexagone.

Je pense d’ailleurs avec solidarité et non sans émotion, aux femmes iraniennes et aux hommes qui les soutiennent en ce moment même. Et plus largement à toutes les femmes qui se battent avec leur cœur et leur raison, pour faire reconnaître l’égalité des droits entre hommes et femmes dans l’espace public comme privé.

Je pense à un des derniers mots clefs de l’exposition  » Sororité »…

"Black Indians de la Nouvelle Orléans"

Dates :  04 oct. 2022 – 15 janv. 2023

Lien:https://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/black-indians-de-la-nouvelle-orleans

On part au musée du Quai Branly avec la présentation de l’exposition Black Indians de la Nouvelle Orléans.

Pour ceux qui se déplaceraient exclusivement pour voir des plumes, des paillettes, des images du carnaval et du défilé des Black Indians de la Nouvelle Orléans, vous serez surpris, car c’est bien plus. Ce n’est pas un simple mardi Gras, avec une parade, car cet évènement puise ses racines à une époque où le ségrégation et le racisme systémique des blancs était puissant. Alors que la communauté blanche de la Nouvelle Orléans organisait le carnaval officiel, la communauté afro-américaine organisait en marge, son propre carnaval, un espace pour s’exprimer, investir l’espace public le temps d’une parade.

Les black Indians d’aujourd’hui sont des groupes afro américains formés en tribus, qui défilent chaque année au carnaval du Mardi gras de La Nouvelle-Orléans.

Donc certes vous verrez de splendides costumes (une trentaine) inspirés de la culture amérindienne, des images des parades, vous entendrez de la musique, au son de rythmes qui parlent au corps, mais c’est aussi une exposition qui retrace une histoire de l’oppression et une histoire de résilience.

Ce parti pris choisi d’une chronologie permet en fait de comprendre ce que l’on voit au début de l’exposition : ce costume éclatant The Big Chief Darryl Montana, ainsi que la vidéo ou l’on voit Daryl Montana, un homme né en 1955, arpenter une rue résidentielle des Etats Unis vêtu du costume de Big Chief. Le costume a été réalisé en 2014, il y a des rubans, des plumes, des perles, du caoutchouc, des textiles, tout ça dans un rose éclatant, un costume majestueux, inspiré de la culture Amérindienne. C’est lumineux et beau.

Puis tout de suite, on rentre dans les plaines ou vivent les Indiens d’Amérique :

costumes, coiffes, parures, chaussures, tomawak, pipe…puis très vite, c’est la conquête et la fondation de la Louisiane par la couronne de France, qui deviendra Espagnol puis finalement américaine. à partir de 1718, c’est aussi le début de cette sombre histoire ou depuis certains ports de France, des bateaux quittent l’hexagone et se dirigent vers la côte ouest africaine avec le dessein de priver de liberté une population dont la couleur de peau est différente, et de la réduire à une ressource exploitable ayant une valeur marchande, que l’on monnaie. Une animation nous montre les conditions de vie des personnes devenues esclaves transportées par un de ces bateau, du nom de « Aurore », qui les mène vers cette nouvelle terre, la Louisiane, en Amérique. Ce seront 15 millions d’esclaves qui seront vendus en Louisiane durant cette sombre époque.

On apprend que, dans cette histoire, les afro-américains et les indiens d’Amérique, deux communautés opprimées par un même agresseur, tissent des liens durables et fraternels.

On comprend alors mieux pourquoi les costumes des premiers Black Indians que l’on découvre, sont inspirés de la culture amérindienne.

Puis on traverse le temps avec les luttes pour l’émancipation, pour les droits, pour la dignité, en opposition aux mouvances suprématistes blanches comme le KKK.

Plus récemment, l’ouragan Caterina à travers le regard d’artistes contemporains et des archives, la cas George Floyd, et la prise du Capitole.

Arrive la dernière salle, et on repense au premier costume que l’on a vu en début d’exposition et là c’est l’apothéose, la célébration, une forme de libération et d’exultation nécessaire incarnée par la présentation de nombreux costumes. Vous y verrez également des photos et vidéos.

Ce qui ressort dans la dernière salle, c’est le mot Résilience, et pour moi Exemple.

J’ai trouvé que c’était une exposition riche d’un point de vue historique, culturel et esthétique.

Focus sur une œuvre

Je vais dans ce contexte vous proposer, de regarder une scène d’un épisode 01 saison 1 crée par David Simon et Eric Overmyer (produit et diffusé par HBO) en 2010 de la série appelée TREME, nom d’un quartier de la nouvelle Orléans.

Lien:https://m.youtube.com/watch?v=BMCN3Dv_G90

 J’ai choisi de vous montrer cet extrait car cette scène met en jeu et résume assez bien les problématiques d’aujourd’hui à la Nouvelle Orléans.

Que voit-on ?

On voit un homme Albert Lambreaux que l’on appelle aussi « Chief », habitant d’un quartier affecté par l’ouragan Caterina, dans la rue de nuit, arborer un costume à plumes splendide orange et jaune, avec une flamme sur la parure, il incarne un esprit. Il est majestueux comme un oiseau de feu, dans la pénombre d’une rue qui semble être de terre. Un ami voisin apparait et dans ce cours dialogue ce résume tout un contexte et un long chemin ou le mot Résilience résonne la aussi fortement.

Les personnes qui confectionnent ces costumes aujourd’hui, et font vivre cette tradition, sont souvent issus d’une classe moyenne plutôt précaire, le font sur leur temps personnel et financent eux-mêmes l’achat de matériaux nobles et couteux comme les plumes d’autruche, les coquillages et les perles. Et bien qu’ils reçoivent de petites subventions de l’Etat cela ne couvre pas les dépenses effectuées pour réaliser tel carnaval.

Enfin l’ouragan Caterina a énormément fragilisé la population afro-américaine de la Nouvelle Orléans alors majoritaire.

Donc cette célébration des Black Indians fait partie de la culture locale de la Nouvelle Orléans, et plus largement de la Louisiane, connue aussi aujourd’hui comme épicentre de la musique descendantes des esclaves afro-américains, comme le blues puis le jazz.

En savoir plus :

Si vous avez envie d‘en savoir plus sur le thème, avec un prisme musical, je vous recommande l’épisode La Nouvelle Orléans : la mystique Black Indians, issue du programme Les routes de la musique, présentée par André Manoukian.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/sur-les-routes-de-la-musique/sur-les-routes-de-la-musique-du-lundi-08-aout-2022-2241211 .

Capitales - 60 ans d'art urbain à Paris

Lien : https://www.paris.fr/evenements/capitale-s-60-ans-d-art-urbain-a-paris-25905

Dates : du 15 octobre 2022 au 25 mars 2023.

Paris, Il de France, à ceux qui sont nés, ont grandi ou ont adopté la capitale et ses alentours, voici une exposition ou vous reconnaitrez sans aucun doute, des formes, des images ou des messages que vous avez croisés lors de vos marches urbaines.

La ville de Paris accueille jusqu’au samedi 11 février 2023 l’exposition « Capitales, 60 ans d’art urbain », une belle rétrospective sur le Street art avec la plupart des grands noms représentés, JonOne, O’Clock, Futura, Ash, Nasty, Mesnager, Miss Tic, Jean Faucheur, Andre, et plus récemment, des artistes comme Invader et Banksy. Vous trouverez des œuvres réalisées spécialement pour l’évènement, In situ, c’est-à-dire sur le lieu, et ce que j’ai apprécié aussi, ce sont les archives vidéo avec les reportages d’époque sur le sujet, et des documentaires plus plastiques comme l’expérience de la graffbox de Cristobal Diaz.

Alors qu’est-ce que le Street art ou art de Rue ? comme son nom l’indique le Street art est directement lié à l’urbanité, à la rue. Il est apparu dans les années 60 aux Etats-Unis (à Philadelphie d’abord puis à New-york). On le retrouve généralement sur les murs de la rue et du métro. Cet art consiste en l’utilisation de l’espace public mais aussi parfois privé, comme support d’expression et/ou de diffusion de messages : le tag, Graffiti, pochoirs, fresques, stickers, en sont des formes, et on a pu même voir plus récemment des installations. Accessibles, souvent éphémères et parfois subversives les œuvres du street art se réalisent souvent dans l’illégalité. (1min16). En France, le street art débarque avec le tag dans les années 80 et se développe dans les années 90.  

Pour continuer un peu la chronologie, dans les années 2000, le Street art est reconnu comme un art à part entière avec un moment de consécration au Grand Palais à Paris en 2009 avec une exposition invitant 150 graffeurs internationaux.

Donc pour résumer vous allez faire un chouette voyage si vous êtes sensible à ce mode d’expression qu’est l’art urbain. La Ville de Paris nous a gâté et rend un bel hommage à cet art protéiforme qui continue de nous surprendre au détour des rues de Paris.

Enfin, pour clôturer ce chapitre sur cette histoire d’utilisation des murs, comme vous le savez, écrire sur les murs est une pratique très ancienne chez les humains, à commencer par les murs des cavernes ; ou concernant, l’utilisation ou appropriation des murs dans l’espace public, à titre d’exemple, on peut citer les muralistes mexicains qui utilisaient cette forme subversive d’expression déjà au début du XXe siècle.

"Edvard Munch. Un poème de vie, d’amour et de mort."

Chers internautes, j’espère que vous avez commencé l’année au mieux. Aujourd’hui nous allons au musée d’Orsay, un bien bel endroit, remplie d’histoires, que l’on peut visiter pour le lieu, sa collection permanente et ses expositions temporaires.

Jusqu’au 22 janvier 2023, le musée d’Orsay propose l’exposition Edvard Munch. Un poème de vie, d’amour et de mort.

Lien:https://www.musee-orsay.fr/fr/agenda/expositions/edvard-munch-un-poemede-vie-damour-et-de-mort

La vie n’est pas un long fleuve tranquille et l’œuvre de Edvard Munch, artiste précurseur du mouvement expressionniste, pour une grande partie en exprime certaines formes ou saillies, comme l’inquiétude, le désarroi face à la mort, ainsi qu’un certain doute existentiel.
Alors vous allez peut-être penser  » woaaaw pour commencer l’année Solène qu’est-ce que tu nous fais ? ». En janvier il peut y avoir de forts coups de vent et des vagues de froid dans l’hémisphère nord, la nature n’en n’est pas moins belle.

Bien souvent quand on nomme l’artiste Munch on pense à l’œuvre si célèbre, Le cri, une peinture phare certes, mais qui fait aussi partie d’un processus de recherche mené par l’artiste dont cette exposition nous permet de mieux apprécier la frise de sa vie artistique liée à sa vie personnelle. Enfin, non, vous ne verrez pas la fameuse peinture Le cri mais je vous rassure vous pourrez au moins voir une lithographie de l’œuvre.

Dès qu’on arrive dans la première salle on est impacté en regardant l’œuvre l’Autoportrait à la cigarette par l’intensité qui se dégage du regard de l’artiste, qui apparaît plutôt halluciné dans un décor abstrait ou les couleurs de bleu, gris, pourpre, fusionnent entre son habit et l’arrière-plan, le tout éclairé en contre plongé, la lumière venant du bas, ce qui renforce cette étrange ambiance. Self-Portrait with Cigarette, 1895 by Edvard Munch . L’artiste a alors une trentaine d’années.

Je suis impressionnée par le regard des personnes représentées dans ces portraits, leur profondeur et intensité, dans l’œuvre Hans Jaeger de 1889, https://www.nasjonalmuseet.no/en/collection/object/NG.M.00485 , ou dans le portrait de Inger en noir et violet, une huile sur toile de 1892, https://www.nasjonalmuseet.no/en/collection/object/NG.M.00499 .

Ce qui m’a marqué, c’est le contraste entre l’intensité du regard et la disparition du regard dans les œuvres de Edward Munch. Quand les regards ne sont pas là, que l’expression disparaît des visages comme dans l’œuvre Désespoir. humeur malade au coucher de soleil de 1892, alors le ciel s’enflamme et ce qui se dégage du personnage au premier plan semble plutôt crépusculaire, https://www.wikiart.org/fr/edvard-munch/desespoir-1892 . Ce tableau est de la même année que Inger en noir et violet : il est intéressant de voir comment l’artiste peut exprimer avec intensité la présence, ou l’état psychologique d’une personne, que le regard soit présent ou pas. Mais surtout cette peinture doit vous être familière car ce sont les prémices d’une série et d’une œuvre bien connue Le cri.

Les visages verdissent et se déforment face à la mort et la maladie dans l’œuvre La lutte contre la mort, 1915, une huile sur toile de grand format.
Les regards disparaissent et les visages fusionnent dans Le baiser, une huile et détrempe sur toile datant de 1897 (100 × 81.5 cm), Le Baiser, 1897 – Edvard Munch – WikiArt.org . Le baiser s’obscurcit et devient Vampire, dans l’œuvre du même nom, tout aussi impressionnante de 1895. Les cheveux de la femme telles des flammes, finissent par absorber l’homme, la proie qu’elle semble mordre au niveau du cou.

Les émotions et états d’âme des individus représentés sont donc exprimés avec intensité, dans un style rendant visible les émotions comme le désarroi et l’incertitude. Émotions que l’on retrouve dans l’Enfant malade I, et dans Séparation I et Séparation II, https://www.nasjonalmuseet.no/en/collection/object/NG.K_H.A.19030 . Les lignes  organiques se tissent, tels des fils, qui sont cheveux et deviennent paysage.

Puis nous passons dans une salle où les paysages s’éclaircissent les bleus et verts contrastés avec des jaunes et oranges s’illuminent.
Je vous recommande l’observation de la série autour des œuvres Les dames sur le pont, et Les Jeunes Filles sur le pont dont plusieurs versions ont été peintes https://www.nasjonalmuseet.no/en/collection/object/NG.M.00844 et de vous attarder sur les quatre gravures sur bois qui présente les étapes de conception de l’œuvre finale où l’on voit progressivement les couleurs apparaître et l’œuvre se construire entre 1905 et 1927.
De même dans la série liée à l’œuvre Le baiser nous pouvons observer différentes versions et techniques, depuis le pinceau, en passant par la pointe sèche et la gravure sur bois. Je trouve que cela enrichit notre relation avec la matière, le support, l’outil et la démarche de l’artiste.

S’ouvre une série où se jouent des drames dans des petits espaces fermés avec 1 à 3 personnes au maximum.

Vous découvrirez également d’autres autoportraits de l’artiste, et que ce soit dans l’œuvre Autoportrait. Le promeneur nocturne, une huile sur toile de 1923 1924, Autoportrait après la grippe espagnole ou encore Autoportrait en enfer et je ne peux m’empêcher de sentir une forme de souffrance ou d’angoisse que l’on aimerait apaiser.

Enfin avant de sortir de l’exposition, L’œuvre La nuit étoilée nous aère de son ciel bleu et mauve dans le blanc de l’hiver.

Je peux comprendre que l’on n’ait pas envie de voyager dans cet univers ou le crépusculaire est souvent présent en cet hiver 2022-2023 mais, c’est bien plus riche que ça; car on peut apprécier la sensibilité de l’artiste et sa capacité à explorer ces espaces intérieurs de l’être humain et à les restituer plastiquement avec cette expression qui lui est propre et qui est si parlante.
L’œuvre Le cri, est très parlante, expressive, tellement, qu’elle a fait le tour du monde, qu’elle a pu parler en plusieurs langues, et on comprend pourquoi.

Informations accessibilité

Le Musée d’Orsay est accessible. Voici le lien. https://www.musee-orsay.fr/fr/vous-etes/visiteurs-individuels/handicap-accessibilite. Comme indiqué sur le site du musée : des audioguides sont disponibles gratuitement.

Mal voyants ou non-voyants : les Souffleurs d’Images peuvent aussi être présents pour les personnes ayant besoin d’un accompagnement visuel. Contactez le musée avant votre visite

Joan Mitchell et Claude Monet

Lien:https://www.fondationlouisvuitton.fr/fr/evenements/claude-monet-joan-mitchell

Dates : Du 05 octobre 2022 au 27 février 2023

Direction la fondation Louis Vuitton qui nous propose une exposition de peinture présentée comme une sorte de dialogue entre les œuvres de deux artistes issus d’époques différentes, Claude Monet, un peintre français impressionniste* né en 1840 à Paris, et une artiste femme américaine, Joan Mitchell, née en 1925 à Chicago, qui était une peintre expressionniste avec des œuvres de type abstraites. Deux regards sur la nature et l’impact de la lumière sur le monde vivant et changeant qui les entourent.

C’est une exposition qui invite à la contemplation et à la méditation, donc prendre le temps.
Par exemple, ne pas hésiter à s’assoir sur un des bancs face à une peinture qui retient votre attention, et s’offrir un moment juste dans le paysage proposé.
Joan Mitchell disait que la période qu’elle préférait de Monet était la dernière, celle qui correspond à celle exposé et effectivement j’avoue qu’avec le temps moi aussi je suis plus sensible à cette période de l’artiste, peut-être pour le choix des cadrages, le type de plan alors que pourtant on est toujours dans l’univers végétal.
On comprend le rapprochement posthume qui est fait entre les 2 artistes :
leurs regards sur la nature liés entre autre à leurs lieux de vie, de création et d’inspiration, Vétheuil pour Joan Mitchell avec la Seine et sa végétation environnante. Et pour Monet, son jardin de Giverny, haute source d’inspiration pour l’artiste, avec ses nymphéas, ses verts, la lumière et l’eau. L’on retrouve d’ailleurs des couleurs comme le bleu, le vert, le mauve et le violet dans leur palette, pour exprimer ces paysages vivants. Cependant, les touches et traces énergiques de John Mitchell sont bien différentes de Monet dont l’effet est plus aérien, dissout. Monet peint le paysage de façon impressionniste, avec sa sensibilité, Joan Mitchell peint ce que le paysage lui fait ressentir, en ressort une/des émotions en lien au paysage, incarnée par des couleurs, masses, lignes, tâches.
Mais l’œuvre de Joan Mitchell ne se réduit pas à ce parallèle avec Monet, son œuvre est bien plus ample. Et d’ailleurs, si vous êtes intéressé pour approfondir ou mieux comprendre l’œuvre de John Mitchell, vous pourrez prolonger votre visite en accédant à la rétrospective de cette artiste à la fondation également.

Accessibilité : https://www.fondationlouisvuitton.fr/fr/visiter/accessibilite

Alice Neel - un regard engagé

Lien:https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/JonpUmK

Dates : 5 octobre 2022 – 16 janvier 2023

Le centre Georges Pompidou nous invite à découvrir l’artiste peintre et portraitiste Alice Neel, assez peu connue en France.

Alice Neel est née en 1900 en Pennsylvanie – et décèdera en 1984 à New-York. C’est une artiste peintre américaine du 20e siècle, peu valorisée de son vivant comme d’autres artistes, qui a peint tout au long de sa carrière « son prochain », et principalement celui/celle qui est discriminé ou rejeté. Vous trouverez aussi des portraits d’individus plus connus comme celui de Andy Wharol.

Un terrain d’inspiration et d’action connu de l’artiste, c’est Harlem un quartier humble de New-york ou elle a vécu de 1938 à 1962.

Alice Neel est connue pour ses portraits, on comprend pourquoi. Ce qui frappe quand on regarde ceux présentés au centre Pompidou, c’est cette sensation de proximité, comme si le regard et l’empathie de l’artiste apparaissait ou transpirait à travers sa peinture et nous était aussi transmise pour voir « cet autre » un autre « je » traversant les aspérités de la société américaine.  Dans ses portraits, la représentation des visages et des corps est sans idéalisation ni concession, comme une forme de réalisme direct, qui s’éloigne de manière assumée des canons académiques. Ce point de vue plastique contribue à faire apparaitre la fragilité de la condition des individus et de certaines minorités représentées, par leur regard notamment, miroirs de l’âme dit-on.

Touchée par les différentes formes d’inégalités et de ségrégation, raciale, sociale, culturelle, politique ou sexuelle, on comprend que l’artiste est engagée à travers son art, notamment par le choix des individus représentés dans ses peintures. Sympathisante communiste ( ce qui lui vaudra d’être interrogée par le FBI en 1955 en raison de ses liens avec le parti) , Alice Neel est une outsider traversant modes et tendances mais également une féministe assumée. Cette artiste nous laisse une œuvre riche, empreint d’une forme d’humanisme radical, ou l’artiste rend visible les individus qui composent ses toiles. Témoin des luttes de son temps et de son monde, l’artiste dira :

« J’ai décidé de peindre une comédie humaine – comme Balzac l’avait fait en littérature. Dans les années 1930, j’ai peint les “Beats” de l’époque – Joe Gould, Sam Putman, Ken Fearing… J’ai peint El Barrio, le quartier portoricain de Harlem. J’ai peint les névrosés, les fous et les miséreux. J’ai peint aussi les autres, y compris des individus ordinaires. »

Il y aurait beaucoup de choses à dire encore sur cette artiste et les œuvres présentées, n’hésitez pas à faire vos recherches.

Ce qui m’a touché aussi dans son œuvre en général, c’est que le portrait comme genre pictural historiquement était plutôt réservé à l’élite, c’est à dire à la cour royale puis à la bourgeoisie par la suite, et Alice Neel rend le portrait à la société d’une certaine manière avec un regard engagé et sensible.

Focus sur une oeuvre

J’ai choisi de vous partager quelques mots à propos de l’œuvre Rita and Hubert, de Alice Neel.

https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/e1yQOe5

Cette œuvre a été réalisée à la peinture à l’huile, en 1954. Ses dimensions sont de 86.40 x 101.60 cm.

Que voit-on ?

On voit un couple, composé d’une femme et d’un homme, assis et adossés sur une surface avec des coussins, contre un mur, et enfin, un meuble contenant des livres situés à côté de l’homme.

On voit un couple dit « mixte » c’est à dire composé d’une femme de peau claire, Rita, et un homme afro-américain, Hubert d’après les informations fournies par le titre.

A ce propos, il est intéressant de savoir que le thème du couple mixte faisait partie de la vie de Alice Neel puisqu’elle a été mariée à l’artiste cubain Carlos Enriquez.

Donc ce tableau a été peint en 1954, à une époque où les couples mixtes n’étaient pas bien perçus par la société américaine. La même année, la ségrégation scolaire est enfin interdite par la Cour suprême aux US, cependant l’accès à l’université est encore impossible dans les Etats ségrégationnistes. Nous sommes à l’aube d’une lutte pour l’égalité des droits civiques.

De l’université, je pense à l’éducation, l’accessibilité. Je reviens à notre peinture, et je regarde les livres qui sont représentés à droite de Hubert, il est écrivain.

Je regarde ce couple peint, leur regard, leur position, leurs corps, leurs mains. Dans l’intimité d’un logement surement, je les regarde, elle, Rita, regarde Hubert, lui semble regarder au loin, ou dans le vide.

En me détenant sur leurs visages, je crois percevoir comme de la lassitude ou de la tristesse.

Mais il se dégage malgré tout une atmosphère chaleureuse, notamment par le choix des couleurs : Le rose lumineux sur la partie gauche du mur et le pull bleu font ressortir le visage de Rita. Hubert est placé sur un fond plus sombre avec une chemise à motifs colorés de type bucheron, qui s’impose dans la scène, ou on trouve du rouge et du jaune qui contrastent avec le noir.

Hubert Satterfield, l’homme représenté dans la peinture, est apparemment un écrivain de gauche (comme je vous l’ai dit, Alice Neel est sympathisante) et Rita la femme représentée, est sa compagne, et je n’ai pas trouvé d’informations sur elle.

Pour clôturer ce petit focus sur cette œuvre, On comprend que choisir de représenter un couple mixte en 1954 alors que ce type de relation était jugée à l’époque comme transgressive, est un acte engagé en soit. Enfin, dans les années 50, Alice Neel a représenté d’autres artistes et intellectuels noirs engagés en faveur des droits civiques et des travailleurs.  (comme l’universitaire Harold Cruse, la comédienne et dramaturge Alice Childress ou encore l’écrivain Alvin Simon.)

En savoir plus sur l’artiste:https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/personne/dCdtQFO.

Accessibilité:lieu accessible, https://www.centrepompidou.fr/fr/visite/accessibilite.

Sources - webographie